Dawa, l’appel à Dieu, deuxième projection du 07/11/2025

Le documentaire suit Malick Konaté, journaliste et militant malien, dans son parcours spirituel au sein du mouvement Dawa alors que le Mali traverse la crise de 2012, marquée par une rébellion indépendantiste et une insurrection jihadiste dans le nord du pays. La Dawa, mouvement d’origine indienne présent au Mali depuis plusieurs décennies, prône un rapprochement avec Dieu et un mode de vie religieux strict. Mais l’amalgame se fait rapidement entre croyants et jihadistes, certains grands noms du terrorisme comme Iyad Ag Ghaly ou Amadou Koufa ayant été associés au mouvement. À travers un voyage de Bamako à Tombouctou, Malick questionne sa foi et retrace son cheminement spirituel.

Le film met également en lumière les témoignages de civils vivant dans les zones de conflit, montrant l’impact concret des violences et des règles strictes imposées par les groupes armés. On y voit des habitants subir des sanctions extrêmes : un restaurateur arrêté pour avoir fumé, un homme battu pour avoir eu un enfant hors mariage. Les interdictions imposées par les groupes armés,  alcool, cigarettes, relations sexuelles hors mariage soulignent la violence quotidienne de l’occupation morale et religieuse dans certaines régions.

Après la projection, plusieurs points ont été abordés lors du débat. Le film a suscité une certaine polémique, certains critiques l’ayant accusé de promouvoir l’islam, ce qui aurait contribué à son échec au FESPACO 2019. Il a été relevé que le documentaire ne montre pas certains facteurs socio-économiques : nombre de jeunes rejoignent l’islam pour des raisons économiques, et les signes de pauvreté (ne manger qu’une fois par jour, porter le même vêtement) peuvent être dissimulés.

Enfin, la question d’une éventuelle visée politique de la Dawa a également été évoquée. Dans le film, le mouvement n’est pas présenté comme cherchant à imposer un pouvoir au nord du Mali, même si la Dawa existe dans d’autres pays et en France.Il est surtout présenté comme un lieu de socialisation et d’éducation, où les jeunes, comme le réalisateur, choisissent d’apprendre et de se former plutôt que de rester à la maison. L’apprentissage de l’arabe et des enseignements religieux y est vécu comme une fierté et un enrichissement personnel.